Quantifier et qualifier les faits historiques : quels outils ?
Séance 16 du séminaire Méthodes mixtes en SHS.
Présentation
Le cycle de séminaires Méthodes Mixtes est organisé par Mathilde Guergoat-Larivière, professeure au Clersé, Université de Lille, et responsable scientifique de la PUDL, et Ada Chmilevschi, ingénieure d’études de la PUDL.
Cette seizième seance du séminaire s'intéresse à la façon dont les méthodes dites quantitatives peuvent venir interroger et compléter les méthodes qualitatives déjà utilisées en histoire.
Nous écouterons :
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Claire Zalc (CNRS - IHMC, EHESS - CRH) : « Mises en récits de données historiques : atouts et limites des visualisations »
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Béatrice Touchelay (Université de Lille, HARTIS UMR CNRS 9028) : « Les statistiques comme outils de l'histoire »
Discussion : Thomas Amossé (Cnam, CEET, HT2S)
Participation sur inscription uniquement
Programme détaillé
La séance « Quantifier et qualifier les faits historiques : quels outils ? », organisée dans le cadre du cycle « Méthodes mixtes en SHS » de la PUDL, interroge les apports et les limites des approches combinant méthodes quantitatives et qualitatives en histoire.
La première intervention, assurée par Claire Zalc, porte sur les « mises en récit » des données historiques à travers les outils de visualisation. Elle mettra particulièrement l’accent sur les coulisses de fabrication du projet Visualizing Lubartworld, qui présente l'histoire des Juifs d’une petite ville polonaise, des années 1930 aux années 1950, pris entre l'émigration et la persécution. Il lui permettra de montrer concrètement comment les données sont sélectionnées, structurées et transformées en représentations visuelles. L’enjeu est de comprendre à la fois les potentialités heuristiques de ces dispositifs et leurs biais, dans la mesure où toute opération de quantification et de visualisation implique des choix interprétatifs.
La seconde intervention, proposée par Béatrice Touchelay, s’intéresse au rôle des statistiques comme outils de connaissance historique, à partir du cas des statistiques coloniales. Elle interroge ce que ces données permettent de comprendre du processus de colonisation, mais aussi des effets qu’elles produisent, notamment en matière de construction administrative et politique des réalités coloniales. Ses travaux soulignent que les chiffres ne sont pas neutres : ils participent à des logiques de pouvoir et de catégorisation propres aux contextes impériaux.
Au croisement de ces deux présentations, la séance tâchera de mettre en évidence que la quantification et la représentation visuelle des faits historiques implique un travail de construction, de codage et d’interprétation. Les outils numériques et statistiques offrent ainsi de nouvelles perspectives pour l’analyse historique, tout en posant des questions critiques sur les conditions de production des savoirs et leurs usages.